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Lyonel Trouillot | Du nouveau, pas une énième parodie

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La distribution et l’application inégale des sanctions sont une réalité de la vie politique mondiale

Ce n’est pas défendre des bandits de le dire. Imaginons le mépris, les injures, la mise au ban d’un chef d’Etat africain qui aurait parlé ou agi comme Trump ou Netanyahu. Les sanctionnés de l’International, quand les crimes sont avérés, n’ont pas le monopole de la corruption ni des crimes de sang. Et il y a bien des « sanctionneurs » qui mériteraient quelques sanctions.

Il y a bien des « sanctionneurs » qui mériteraient quelques sanctions.

Questionner ce double standard de la « morale politique » internationale n’interdit pas de questionner, voire même de dénoncer, non du point de vue de quelque expert ou diplomate autoproclamé donneur de leçon, mais de notre point de vue à nous, du lieu de la constitution indispensable d’un bloc historique de peuple pour sortir ce pays du merdier dans lequel on l’a fourré, la mascarade à laquelle nous invite le gouvernement de facto : de fausses élections, une énième parodie qui réinstallerait les mêmes au pouvoir.

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Ce que des Haïtiens avaient annoncé, qui dans la rage qui dans la tristesse, quand, dans le mépris total de ces réflexions et prédictions, ceux-là même qui dénoncent aujourd’hui la dérive du gouvernement de facto, lui avaient offert les clés de la cité, vantaient son mérite, nous ordonnaient de la fermer parce que, eux, avaient choisi leur champion. Qui allait tout bien faire, nous sauver.
À entendre ces diplomates, experts, c’était quasiment Fils-Aimé ou mourir. Ils avaient même fait venir quelques bateaux pour nous en convaincre.

Aujourd’hui, on peut faire le choix tactique de jouer sur cette affaire de sanctions, mais l’essentiel est pour nous Haïtiens d’exiger la réalisation des conditions nécessaires à la tenue de véritables élections, qui permettront à de nouvelles offres politiques de s’exprimer, de s’opposer, et parmi lesquelles nous aurons à trancher.

C’est cela que nous devons réclamer collectivement, et pas seulement au gouvernement de facto et au Conseil électoral, mais aussi à « l’international ». Parler d’une voix au moins sur cela. Il y a candidats plus ou moins déclarés auxquels je demanderais à mon chat de ne pas donner son vote, mais je suis prêt à m’allier avec eux au moins pour que mon chat et moi nous puissions choisir librement et qu’on ne nous resserve pas la sauce empoisonnée des quinze dernières années.

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C’est ce sursaut collectif qu’il faut aujourd’hui, l’exigence des conditions pour de véritables élections. Ne pas se précipiter dans le piège tendu par le gouvernement de facto. Ne pas attendre non plus pour formuler cette offre politique manquante. Prêts à aller aux élections avec telle proposition politique, pour cela exigeons que le gouvernement de facto et le Conseil électoral fassent leur travail.

S’ils ne peuvent pas, leur existence n’est pas justifiée. Plutôt que d’applaudir sournoisement ou béatement à l’international qui monte le ton face à son poulain, c’est à nous de monter le ton devant tout ce monde, co-auteurs de notre plongée dans ce désastre institutionnel.

 

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Poète, romancier, critique littéraire et scénariste, Lyonel Trouillot a étudié le droit.

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