POLITIQUE

Où en sommes-nous avec les préparatifs liés aux élections ?

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L’insécurité touche environ 28 des 145 communes d’Haïti, selon le président du CEP. En raison de l’absence de l’État dans ces zones, l’institution ne les prend pas en compte dans le processus d’évaluation des centres de vote

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1 400 centres de vote ont déjà été évalués et sont prêts pour l’inscription des électeurs à travers le pays.

Mais le Conseil électoral provisoire (CEP) ne donne aucune garantie quant à la tenue des scrutins d’ici la fin de cette année — une première depuis une décennie dans le pays.

Interviewé par AyiboPost, Jacques Desrosiers, président du CEP, estime que des questions majeures doivent encore être réglées avant la tenue des scrutins, au premier rang desquelles figure la sécurité.

Ouverture des inscriptions des électeurs au BED du Nord le lundi 20 juillet. Photo : Noé Duverné, journaliste.

« Le respect de tout calendrier électoral est lié à l’amélioration ou à la création d’un climat favorable et acceptable pour l’organisation des élections à travers le pays », déclare M. Desrosiers.

L’insécurité touche environ 28 des 145 communes d’Haïti, selon le président du CEP. En raison de l’absence de l’État dans ces zones, l’institution ne les prend pas en compte dans le processus d’évaluation des centres de vote.

Le CEP prévoit de publier un nouveau calendrier électoral, indique Desrosiers.

Ouverture des inscriptions des électeurs au BED du Nord le lundi 20 juillet. Photo : Noé Duverné, journaliste.

Pour la première fois, contrairement aux années précédentes, le registre électoral sera constitué à partir de l’inscription des électeurs afin de permettre aux personnes déplacées de voter, selon le CEP. L’institution prévoit une période de 90 jours à partir du 20 juillet pour cette étape.

Durant cette période, tout électeur potentiel devra se présenter au centre de vote le plus proche de son lieu de résidence, ou à celui qu’il aura choisi, muni de sa carte d’identification nationale afin de s’y inscrire.

Ouverture des inscriptions des électeurs au BED du Nord le lundi 20 juillet. Photo : Noé Duverné, journaliste.

Cette façon de procéder soulève des critiques. La plupart des postes électifs sont attribués par circonscription électorale, en fonction de la zone où la personne est appelée à voter.

Selon des observateurs, certains électeurs d’une circonscription de non-droit, par exemple, pourraient voir leur nom inscrit sur la liste d’un bureau de vote situé dans une autre région que la leur.

Contrat de prestation de services d’agent de sécurité électorale.

Contrat de prestation de services d’agent de sécurité électorale

« Si un électeur vient s’inscrire, comment le CEP saura-t-il qu’il provient d’une circonscription plutôt que d’une autre, afin de pouvoir l’affecter à un bureau de vote approprié et éviter qu’un candidat ne perde les voix de ces électeurs ? », s’interroge Ricardo Augustin, ancien conseiller électoral lors des élections de 2015.

Selon le président du CEP, l’inscription des électeurs permettra d’épurer la liste électorale.

Formation pour les agents de sécurité électorale au Cap-Haïtien au lycée Philippe Guerrier. Photo : Chéry Giranot, journaliste.

L’inscription des électeurs nous permettra de résoudre les problèmes « liés aux personnes déplacées, à celles qui sont décédées et à celles qui ont été condamnées, mais qui figurent toujours sur le registre », affirme Desrosiers.

La question de l’épuration de la liste demeure importante, car en 2023, le directeur général du Conseil électoral provisoire, Max Délices, avait révélé à AyiboPost qu’il était possible que les noms de milliers de citoyens décédés — mais jamais officiellement retirés des registres — figurent encore sur la prochaine liste électorale.

Formation pour les agents de sécurité électorale au Cap-Haïtien au lycée Philippe Guerrier. Photo : Chéry Giranot, journaliste.

Le président du Bureau électoral départemental (BED) du Nord, Daniel Jean Musset, indique que le bureau avance à grands pas dans les préparatifs des prochaines élections. Il se dit toutefois préoccupé par la sensibilisation de la population en vue de ces prochains scrutins.

Selon Musset, 211 centres d’inscription et de vote ont déjà été évalués dans les dix-neuf communes du département du Nord. Au total, 627 agents de sécurité électorale et plus de 500 agents du registre électoral ont été formés.

À Saint-Marc, 29 centres de vote ont déjà été évalués, révèle un responsable du Bureau électoral communal.

Ce responsable exprime son inquiétude concernant les zones contrôlées par les gangs, où les agents du registre électoral ne pourront pas être déployés.

Préparatifs pour les élections à Jérémie : Un centre de tabulation dans la localité de Chato à Jérémie pour recevoir le matériel électoral. Photo : Amaline Charles, journaliste basée dans la Grand’Anse.

Malgré ces préparatifs, le scepticisme demeure.

Augustin estime qu’il est déjà trop tard pour organiser les élections d’ici la fin de l’année.

Le CEP prévoit d’organiser une ratification populaire visant à modifier certains articles de la Constitution, en même temps que les élections générales.

L’article 72 du décret électoral prévoit que certains articles de la Constitution seront modifiés par ratification populaire, sans toutefois préciser lesquels.

Le pacte signé le 21 février entre le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé et plusieurs partis politiques prévoit également la modification de certains articles de la Constitution. Ces articles seront proposés par les partis signataires du pacte.

Selon Augustin, également docteur en sciences politiques, ce n’est pas la bonne méthode pour modifier la Constitution. Jusqu’à présent, dit-il, personne ne sait quels articles doivent être modifiés, ni quelle sera la nature des changements envisagés, et aucun débat n’a eu lieu au sein de la société sur cette question.

Formation pour les agents de sécurité électorale au Cap-Haïtien au lycée Philippe Guerrier. Photo : Chéry Giranot, journaliste.

Pour Augustin, un décret référendaire est nécessaire pour mener à bien ce projet. On ne peut pas, selon lui, diluer le référendum dans le décret électoral, au risque de rouvrir constamment le débat sur l’adaptation de la Constitution.

Dans un communiqué conjoint, le gouvernement et le CEP ont fixé un budget de 120 millions de dollars américains pour la mise en œuvre des opérations électorales.

Le communiqué précise que ce budget pourra être révisé au besoin, sur décision des deux institutions.

Les deux institutions se sont entendues pour modifier le décret électoral du 2 juin 2026, après plusieurs semaines de désaccord.

Selon le président du CEP, toute personne sanctionnée par le Conseil de sécurité des Nations unies ne pourra pas être candidate aux prochaines élections.

Le CEP a prolongé l’enregistrement des groupements politiques jusqu’au 31 juillet.

Par :  Fenel Pélissier

Couverture : Ouverture des inscriptions des électeurs au BED du Nord le lundi 20 juillet. Photo : Noé Duverné, journaliste.

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Fenel Pélissier est avocat au Barreau de Petit-Goâve, professeur de langues vivantes et passionné de littérature.

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