Les autorités canadiennes révèlent à AyiboPost que la compagnie ne détient aucune autorisation pour assurer des vols vers le Canada. Elle a pourtant mis en vente des billets aller-retour vers Montréal au prix de 1 263 dollars. Une affaire qui illustre le désordre et les failles de la protection des consommateurs dans le secteur de l’aviation en Haïti
La compagnie ZED Airlines a commercialisé des billets pour un vol à destination de Montréal sans disposer des autorisations requises pour exploiter légalement cette liaison, selon les informations obtenues par AyiboPost auprès des autorités canadiennes.
Le 8 juin dernier, un important groupe de passagers qui devaient embarquer à bord de ce vol, dont l’aller-retour coûtait 1 263 dollars américains, a appris, une fois arrivé à l’aéroport international du Cap-Haïtien, que son départ était annulé.
Dans un courriel transmis à AyiboPost, Transport Canada, l’organisme fédéral chargé de la réglementation et de la sécurité du transport aérien, révèle que ZED Airlines ne détient pas de certificat valide d’exploitant aérien étranger exigé par la partie VII du Règlement de l’aviation canadien.
ZED Airlines ne détient pas non plus de certificat de transporteur aérien (Air Operator Certificate – AOC) enregistré auprès de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), selon le courriel de Transport Canada.
Ce n’est pas tout.
Les partenaires annoncés par ZED Airlines pour assurer la liaison avec Montréal, World Atlantic Airlines et Global X Air, ne détiennent pas les licences nécessaires délivrées par l’Office des transports du Canada (OTC), pourtant exigées en vertu de l’article 57 de la Loi sur les transports au Canada, poursuit Transport Canada.
« Ces exigences légales obligatoires n’ayant pas été respectées, la compagnie aérienne n’était pas autorisée à effectuer ce vol », précise à AyiboPost Hicham Ayoun, conseiller principal en communications de Transport Canada.
Dans une note publiée le même jour, ZED Airlines a affirmé que cette annulation n’était pas liée à des questions d’autorisations d’exploitation aérienne, une version démentie auprès d’AyiboPost par les autorités canadiennes.
Les partenaires annoncés par ZED Airlines pour assurer la liaison avec Montréal, World Atlantic Airlines et Global X Air, ne détiennent pas les licences nécessaires délivrées par l’Office des transports du Canada (OTC), pourtant exigées en vertu de l’article 57 de la Loi sur les transports au Canada, poursuit Transport Canada.
Le non-respect des exigences légales expose les passagers haïtiens et traduit un désordre au sein de l’Office national de l’aviation civile (OFNAC), où la politique et les relations remplacent souvent les exigences techniques, selon deux sources au courant du fonctionnement de l’institution.
Ce désordre se traduit notamment par l’attribution de permis temporaires d’exploitation permettant à des compagnies bénéficiant de connexions politiques d’opérer sans satisfaire à l’ensemble des exigences techniques et légales nécessaires, poursuit la source.

Le 22 mai 2026, à l’inauguration officielle de ZED Airlines SA, James Monazard Ministre du Tourisme et du Ministère du Commerce et de l’Industrie , troisième à gauche et Patrick Pélissier Ministre de la Justice cinquième à gauche.
ZED Airlines opère en Haïti sous une licence commerciale « temporaire », signée par le directeur Hantz Célestin, dont la date de validité arrive à échéance en mai 2026, selon un document technique obtenu par AyiboPost. Il n’est pas clair si cette licence temporaire a été renouvelée.
AyiboPost a contacté ZED Airlines et l’OFNAC dans le cadre de cette enquête.
L’OFNAC n’a pas réagi et ZED Airlines a accusé réception de notre correspondance.
Dans une note publiée hier, ZED Airlines a annoncé la suspension de ses vols vers Montréal et au départ de cette ville, ainsi que de ses vols vers et au départ de New York, « jusqu’à nouvel ordre ». La note ne précise pas les raisons de cette suspension et l’OFNAC n’a publié aucun communiqué à ce sujet.
ZED Airlines opère en Haïti sous une licence commerciale « temporaire », signée par le directeur Hantz Célestin, dont la date de validité arrive à échéance en mai 2026, selon un document technique obtenu par AyiboPost. Il n’est pas clair si cette licence temporaire a été renouvelée.
Selon les normes en vigueur, un transporteur aérien étranger doit obtenir les autorisations nécessaires à la fois auprès de son pays d’origine et du pays de destination, incluant des certificats d’exploitation ainsi que des autorisations économiques et opérationnelles.
ZED Airlines n’a non seulement pas satisfait à ces exigences pour le Canada, mais la compagnie commercialisait également des billets pour un vol qui n’était pas autorisé à opérer.
Dans un courriel transmis à AyiboPost, Transport Canada, l’organisme fédéral chargé de la réglementation et de la sécurité du transport aérien, révèle que ZED Airlines ne détient pas de certificat valide d’exploitant aérien étranger exigé par la partie VII du Règlement de l’aviation canadien.
Après le rappel à l’ordre des autorités canadiennes, des clients se retrouvent dans le désarroi pour obtenir un remboursement. L’OFNAC reste silencieux sur le sujet.
Un client, ayant acheté son billet Montréal–Cap-Haïtien à près de 600 dollars pour le vol du 16 juin, affirme avoir appris l’annulation via une note publiée par la compagnie sur Facebook.
Originaire des Cayes, cet homme de 40 ans souhaitait se rendre dans sa ville natale pour l’été. Il avait reçu sa confirmation le 5 juin, selon une capture d’écran du courriel de confirmation partagée avec AyiboPost.
L’homme cherche encore à se faire rembourser.
Il explique que malgré ses tentatives répétées, il n’arrive pas à joindre le numéro du service de la compagnie à Montréal.
« J’ai essayé en vain de les contacter. Je n’ai même pas reçu de courriel concernant cette annulation », raconte-t-il à AyiboPost.
Paul David, 36 ans, accompagnait au Cap-Haïtien sa mère, censée rejoindre sa fille à Montréal.
C’est au comptoir qu’un préposé leur annonce l’annulation du vol.
« C’était décevant. J’avais pourtant voulu profiter de cette ligne directe, qui aurait été plus appropriée pour ma mère », confie l’homme, qui explique avoir acheté le billet pour 801.98 dollars américains.
Après une montée de tension sur place et en l’absence d’une réponse formelle, un responsable de la compagnie a finalement proposé au groupe de clients soit de transiter par la République dominicaine, soit d’être reprogrammés sur un autre vol le lendemain via les Îles Turques-et-Caïques, soit de demander un remboursement.
De son côté, Paul dit avoir opté pour l’option avec escale.
Il a dû payer lui-même une nuit d’hôtel supplémentaire pour lui et sa mère au Cap-Haïtien et réserver deux nuits d’hôtel pour cette dernière aux Îles Turques pour un montant de 484.08 dollars américains.
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