SOCIÉTÉ

Un avion de ZED Airlines chute en mer à Port-au-Prince

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L’incident survient alors que la jeune compagnie fait face à des difficultés administratives avec les autorités canadiennes, sur fond de multiplication d’accidents dans l’aviation civile en Haïti

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Un avion de neuf places de la compagnie ZED Airlines, en provenance du Cap-Haïtien, a effectué un « atterrissage forcé » en mer, dans la zone de Port Lafito, a déclaré à AyiboPost David Jean Charles, un responsable de la compagnie.

Les deux passagers ainsi que le pilote sont sortis indemnes de l’incident, précise-t-il.

« Nous attendons le pilote. Ils sont déjà en route. Il nous expliquera ce qui s’est passé. Nous ne pouvons tirer aucune conclusion pour le moment », affirme David Jean Charles.

« L’avion est tombé dans l’eau », confirme à AyiboPost une employée du port.

Cet accident s’inscrit dans une série d’incidents aériens survenus en Haïti ces derniers mois.

Récemment, un avion de Sunrise Airways qui devait atterrir au Cap-Haïtien a finalement été dérouté vers Saint-Domingue. « Il était trop tard pour atterrir au Cap. L’appareil a donc atterri à Saint-Domingue, mais il n’y a eu aucun incident », a déclaré à AyiboPost un porte-parole de la compagnie.

Le 3 février dernier, un avion immatriculé N45SR de la compagnie Bolt Airlines s’était écrasé dans un champ aux Cayes. Les six personnes à bord en étaient sorties indemnes. L’Office national de l’aviation civile (OFNAC) avait alors annoncé l’ouverture d’une enquête sur cet appareil détruit, mais n’en a toujours pas rendu publics les résultats.

Deux jours plus tard, un avion de l’organisation missionnaire américaine Agape Flights, un Embraer 110 Bandeirante immatriculé N316AF, s’était écrasé à Jérémie. Les deux pilotes américains avaient péri dans l’accident.

Un petit avion assurant la liaison Port-au-Prince–Jacmel s’est écrasé mercredi 20 avril 2022, sur la route des Rails, dans la commune de Carrefour. L’accident a coûté la vie à six personnes.

Le non-respect de ces exigences traduit un dysfonctionnement au sein de l’OFNAC, où les considérations politiques et les réseaux d’influence prennent souvent le pas sur les demandes techniques, selon les révélations de deux sources connaissant le fonctionnement interne de l’institution

L’incident impliquant ZED Airlines survient alors que la jeune compagnie est confrontée à plusieurs difficultés administratives.

Le 8 juin dernier, 54 passagers qui devaient embarquer à bord d’un vol vers le Canada, dont le billet aller-retour coûtait 1 263 dollars américains, avaient appris, une fois arrivés à l’aéroport international du Cap-Haïtien, que son départ était annulé.

Lire aussi : ZED Airlines a vendu des billets pour un vol illégal

Dans un courriel transmis à AyiboPost à la suite de cette annulation, Transport Canada, l’organisme fédéral responsable de la réglementation et de la sécurité du transport aérien, révélait que ZED Airlines ne détenait pas le certificat valide d’exploitant aérien étranger exigé en vertu de la partie VII du Règlement de l’aviation canadien.

Selon ce même courriel, ZED Airlines ne disposait pas non plus d’un certificat de transporteur aérien (Air Operator Certificate – AOC) enregistré auprès de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Les partenaires annoncés par ZED Airlines pour assurer la liaison avec Montréal — World Atlantic Airlines et Global X Air — ne détenaient pas non plus les licences requises délivrées par l’Office des transports du Canada (OTC), pourtant obligatoires en vertu de l’article 57 de la Loi sur les transports au Canada, poursuit Transport Canada.

« Ces exigences légales obligatoires n’ayant pas été respectées, la compagnie aérienne n’était pas autorisée à effectuer ce vol », avait précisé à AyiboPost Hicham Ayoun, conseiller principal en communications de Transport Canada.

La compagnie avait alors affirmé qu’avec ses partenaires, elle satisferait aux exigences canadiennes afin d’assurer des vols vers Montréal à compter du 29 juin. Mais aucun vol à destination du Canada n’a été effectué à cette date, et la compagnie n’a pas mis en vente de billets pour cette liaison sur son site Internet.

Le non-respect des exigences administratives traduit un dysfonctionnement au sein de l’OFNAC, où les considérations politiques et les réseaux d’influence prennent souvent le pas sur les besoins techniques, selon les révélations de deux sources connaissant le fonctionnement interne de l’institution.

Selon ces sources, ce désordre se manifeste notamment par l’octroi de permis temporaires d’exploitation permettant à certaines compagnies bénéficiant d’appuis politiques d’opérer sans satisfaire à l’ensemble des exigences techniques et légales requises.

D’après un document technique obtenu par AyiboPost, ZED Airlines opère en Haïti sous le couvert d’une licence commerciale « temporaire », signée par le directeur de l’OFNAC, Hantz Célestin, dont la période de validité arrivait à échéance en mai 2026. Il n’est pas établi si cette autorisation a depuis été renouvelée.

Contacté par AyiboPost dans le cadre de cet article, l’OFNAC n’avait pas réagi au moment de la publication.

Une source familière avec le fonctionnement de l’institution indique que les autorités devront d’abord récupérer l’épave du petit avion de ZED Airlines avant de pouvoir déterminer les causes de l’accident.

Inaugurée en mai 2026, la compagnie exploite une flotte d’environ six appareils reliant Port-au-Prince au Cap-Haïtien, ainsi qu’à des destinations aux États-Unis et au Brésil.

Par : Widlore Mérancourt

Couverture | Un avion de ZED Airlines. Souce : FaceBook ZED Airlines

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Widlore Mérancourt est éditeur en chef d’AyiboPost et contributeur régulier au Washington Post. Il détient une maîtrise en Management des médias de l’Université de Lille et une licence en sciences juridiques. Il a été Content Manager de LoopHaïti.

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