Insécurité

À Carrefour, des gangs expulsent des habitants qui ne paient pas leur taxe illégale

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Plusieurs habitants de différents quartiers de Carrefour alertent désormais sur des interventions brutales des gangs visant à faire appliquer cette taxe illégale

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À Carrefour, des bandits procèdent à l’expulsion des habitants qui n’arrivent pas à s’acquitter d’une taxation illégale imposée sur leur maison, rapportent trois résidents à AyiboPost.

Mise en œuvre depuis le mois d’août dernier à travers le recensement des habitations et la tenue de réunions de planification, cette opération d’extorsion vise à prélever plusieurs milliers de gourdes auprès de chaque résidence et entreprise de la commune.

L’implémentation était fixée au 1er octobre.

Plusieurs habitants de différents quartiers de Carrefour alertent désormais sur des interventions brutales des gangs visant à faire appliquer cette taxe illégale.

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Certains sont soumis à une forte pression pour payer, tandis que d’autres sont simplement expulsés de leur domicile faute de moyens.

Dans la matinée du 7 octobre, cet homme apprend au téléphone, par un membre de sa famille, que les bandits viennent de déloger l’une de ses proches alors que cette dernière préparait son déjeuner.

« Au téléphone, je les ai entendus dire à la personne qui se trouvait dans la maison de s’asseoir dehors pour qu’ils puissent fermer la porte », rapporte l’homme sous couvert d’anonymat par peur de représailles de la part des gangs.

Après discussion, les bandits ont reporté le paiement au lendemain, sous la menace de saisir définitivement la bâtisse en cas de non-versement de l’argent.

L’homme apprend également que les bandits ont frappé des personnes de son voisinage et ont fermé plusieurs maisons.

Selon ce père de cinq enfants, le déchaînement des gangs pour récupérer l’argent exigé sur les propriétés a commencé dès le début de la semaine.

Au début de la journée du 7 octobre, les bandits ont débarqué au domicile loué par l’un des proches de ce deuxième habitant de Carrefour.

« Je n’étais pas présent. Quand les bandits sont arrivés, ils nous ont demandé où était l’argent. Puis ils ont dit qu’ils allaient fermer la maison », explique l’homme.

À son retour sur les lieux, l’homme constate que certaines personnes présentes pleuraient. Il apprend que les criminels ont également bastonné certains d’entre eux, en plus des menaces qu’ils ont proférées.

Il déclare avoir été contraint d’aller négocier le montant, puis de payer afin d’éviter une expulsion immédiate.

Cet homme, qui dit avoir l’impression de vivre emprisonné, explique : « Ce n’est pas la maison qu’on paie, on paie pour notre vie. »

S’il a pu trouver l’argent, il constate que des maisons du voisinage sont fermées à clé, dont celle d’un chef religieux dont les bandits ont cadenassé la porte.

À Mon Repos, il connaît un père de famille que les bandits ont chassé de sa demeure parce qu’il ne pouvait pas payer.

Dans la commune, nul n’échappe à l’extorsion des gangs depuis 2024.

Entreprises, commerçants, marchés publics, chauffeurs de taxi, Madan Sara : tous versent de l’argent aux membres du gang dirigé par le caïd Christ-Roy « Krisla » Chery.

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Ce dernier fait l’objet de plusieurs chefs d’accusation, notamment pour des crimes et des enlèvements, et est activement recherché par la Police nationale.

Des habitants expliquent à AyiboPost que les maisons sont estampillées par les gangs en fonction de leur statut.

Les maisons marquées d’une croix sont inhabitées ou désertes et donc sous le contrôle des gangs, qui peuvent les louer à d’autres occupants.

Tandis que celles dont les occupants n’ont pas fini de verser leur contribution sont marquées d’un point d’interrogation, un « OK » étant inscrit sur les habitations dont le paiement a été validé.

Par: Jérôme Wendy Norestyl

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Éditeur à AyiboPost, Jérôme Wendy Norestyl fait des études en linguistique. Il est fasciné par l’univers multimédia, la photographie et le journalisme.

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