SOCIÉTÉ

Que sait-on du hantavirus en Haïti ?

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Le ministère de la Santé publique et l’Organisation panaméricaine de la santé réagissent à AyiboPost

Malgré les défis structurels fragilisant le système sanitaire en Haïti, le risque lié aux hantavirus est, pour l’heure, très faible, a indiqué à AyiboPost le bureau régional pour les Amériques de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le 4 mai 2026, l’OMS a alerté sur la présence d’un foyer d’infection à l’hantavirus à bord d’un navire de croisière néerlandais, le MV Hondius, reliant l’Argentine et le Cap-Vert.

Par la suite, onze cas, dont trois décès liés à la souche de type Andes, ont été identifiés, selon l’OMS, le 12 mai 2026.

Alors que le directeur de l’OMS estime que « le risque pour la santé publique est faible », les responsables du Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) ont précisé à AyiboPost que, jusqu’à présent, le pays ne compte aucun cas suspect ni confirmé d’hantavirus.

Le responsable de la Direction sanitaire de l’Ouest (DSO), Dr Valery Paul, affirme que le pays maintient « une surveillance médicale active », dite préépidémique.

« Nous assurons un suivi afin d’empêcher l’introduction de la maladie dans le pays, notamment à travers la surveillance des points d’entrée, ainsi que la mise en place de dispositifs pour savoir comment l’aborder et la limiter si elle venait à apparaître », déclare à AyiboPost le chef du Service des statistiques et de l’épidémiologie de la DSO.

Le chef du Service des statistiques et de l’épidémiologie de la DSO, le médecin Valery Paul, a déclaré à AyiboPost que l’État haïtien, de son côté, reste vigilant.

Même si le pays dispose de ressources limitées, comme cela avait été le cas durant la pandémie de COVID-19, dès qu’un cas suspect serait détecté, le MSPP mobiliserait les espaces d’isolement disponibles dans les hôpitaux publics afin de prendre les patients en charge, de suivre l’évolution de la maladie et de placer les personnes concernées en quarantaine pour éviter la propagation de l’épidémie, rassure Dr Paul.

En attendant, le MSPP appelle la population à respecter des mesures telles que la distanciation, le port du masque et le lavage des mains.

Dans une réponse de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) fournie à AyiboPost sur la manière dont l’OMS collabore avec Haïti dans la surveillance liée à une potentielle propagation de l’hantavirus dans le pays, l’OPS, agissant comme bureau régional pour les Amériques, évoque son soutien aux autorités locales, les risques liés à l’hantavirus pour Haïti, ainsi que les mécanismes de surveillance et d’assistance mis en place.

L’OMS collabore-t-elle actuellement avec les autorités haïtiennes en matière de surveillance ou de prévention des hantavirus ?

L’Organisation Mondiale de la Santé, à travers l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), collabore avec les autorités sanitaires haïtiennes dans le renforcement global de la surveillance épidémiologique, de la préparation et de la réponse aux événements de santé publique, y compris les maladies zoonotiques émergentes.

En Haïti, le hantavirus n’a jamais été documenté chez les espèces de rongeurs indigènes qui pourraient être son réservoir ou chez des patients humains. Par conséquent, il n’existe pas de programme spécifique dédié aux hantavirus dans le pays. Aucun cas de hantavirus Andes n’a été signalé en Haïti dans le cadre des événements internationaux récemment notifiés. Toutefois, les capacités de surveillance existantes, notamment la surveillance basée sur les événements et les mécanismes de notification du Règlement sanitaire international (RSI, 2005), doivent permettre de détecter et signaler rapidement tout cas suspect, y compris d’hantavirus.

L’OMS considère-t-elle Haïti comme vulnérable à d’éventuelles épidémies de hantavirus ou à d’autres maladies zoonotiques émergentes ?

Comme de nombreux pays confrontés à des contraintes structurelles et environnementales, Haïti est exposée à des risques liés aux maladies zoonotiques émergentes de manière générale.

Cependant, en ce qui concerne les hantavirus, l’OPS/OMS n’identifie pas actuellement un risque spécifique pour Haïti. Le risque d’introduction est considéré comme faible, et principalement lié à des cas importés chez des voyageurs ayant été exposés dans des zones où le virus est endémique. La détection éventuelle de tels cas reposerait d’une part sur la surveillance clinique et syndromique des syndromes respiratoires aigus sévères et des syndromes fébriles inexpliqués, ainsi que sur la vigilance des cliniciens face à des antécédents de voyage en zone endémique.  Le pays compte aussi avec les capacités de laboratoire pour confirmer les cas suspects.

L’OPS/OMS adopte une approche fondée sur une évaluation continue du risque, tenant compte des données épidémiologiques disponibles, de la situation environnementale et de la capacité de détection précoce du pays.

Existe-t-il des mécanismes de préparation ou de surveillance en place pour des pays tels qu’Haïti ?

Oui. Haïti dispose de plusieurs mécanismes essentiels de préparation et de surveillance, appuyés par l’OPS/OMS, notamment :

● Le dispositif national de surveillance épidémiologique, incluant la surveillance basée sur les indicateurs et sur les événements ;

● Le Point Focal National du RSI, qui permet la notification rapide des événements pouvant constituer une urgence de santé publique ;

● Des systèmes de détection et de gestion des maladies respiratoires sévères, applicables également aux zoonoses émergentes ;

● Des capacités de coordination entre les niveaux national, départemental et opérationnel pour l’investigation et la réponse initiale ;

● Des capacités de diagnostic moléculaire et génomique au LNSP;

● Une approche « Une seule santé » (One Health) favorisant la collaboration intersectorielle entre les ministères en charge de la santé humaine, de la santé animale (MARNDR) et celui de l’environnement, essentielle pour la détection précoce des zoonoses émergentes telles que les hantavirus, dont le réservoir est constitué de rongeurs.

Ces mécanismes ne ciblent pas une seule maladie mais sont conçus pour répondre de manière transversale à une large gamme de menaces sanitaires.

L’OMS a-t-elle fourni ou envisagé de fournir un soutien tel que des fonds d’urgence, du matériel ou une assistance technique ?

L’OPS/OMS fournit déjà un soutien continu à Haïti pour renforcer la préparation et la réponse aux urgences sanitaires, selon les besoins identifiés conjointement avec les autorités nationales.

Ce soutien peut inclure, selon les contextes :

●Une assistance technique pour la surveillance, l’évaluation du risque et la préparation à tous les niveaux du système de santé ;

●Le renforcement des systèmes d’information sanitaire et de surveillance épidémiologique ;

●Un appui à la coordination de la réponse lors d’événements de santé publique ;

●La mobilisation de ressources ou de partenaires en cas d’urgence avérée.

En l’absence de cas ou de flambée d’hantavirus en Haïti, aucun appui spécifique lié à cette maladie n’est actuellement déployé, mais les mécanismes existants peuvent être activés rapidement si nécessaire.

L’OMS est-elle actuellement en communication avec les institutions de santé publique haïtiennes concernant les menaces zoonotiques émergentes ?

Oui. L’OPS/OMS entretient une communication régulière et continue avec les institutions de santé publique haïtiennes, notamment le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), sur les menaces sanitaires émergentes, y compris les zoonoses.

Cette communication s’inscrit dans un cadre plus large de coopération technique : échanges réguliers entre le Point Focal National RSI et le Point de Contact OPS/OMS, partage des bulletins épidémiologiques régionaux, alertes diffusées via le RSI (2005) et la plateforme EIS (Système d’information sur les événements) des Amériques, ainsi que des réunions techniques périodiques avec la Direction d’Épidémiologie, du Laboratoire et de Recherche (DELR) du MSPP. L’ensemble vise à soutenir la détection précoce, la préparation et une réponse proportionnée aux risques sanitaires.

« À l’heure actuelle, le risque lié aux hantavirus pour Haïti est très faible. L’approche de l’OPS/OMS repose sur la vigilance, le renforcement des capacités existantes et une collaboration étroite avec les autorités nationales, plutôt que sur des mesures d’alerte ou de réponse spécifiques en l’absence de cas. »

Par :  Jérôme Wendy Norestyl et Lucnise Duquereste

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Éditeur à AyiboPost, Jérôme Wendy Norestyl fait des études en linguistique. Il est fasciné par l’univers multimédia, la photographie et le journalisme.

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