Comment une société peut-elle accepter que des gens arrêtés pour une peccadille ou sous n’importe quel fallacieux prétexte passent une éternité dans des conditions de détention qu’on ne souhaite pas à des bêtes ? Pire, parfois leur innocence est prouvée, mais ils demeurent en prison. Il ne leur manque qu’une chose pour être libérés : l’argent
La réalité, c’est que dans ce pays, on est toujours pressé de mettre les pauvres, les faibles en prison sans savoir s’ils en sortiront jamais un jour. C’est l’une des formes concrètes de l’injustice en Haïti. Des centaines de gens qui sont en prison et qui ne devraient pas y être. On en parle peu, lors de séminaires et autres bavardages sur les défaillances du système judiciaire. Comment une société peut-elle accepter que des gens arrêtés pour une peccadille ou sous n’importe quel fallacieux prétexte passent une éternité dans des conditions de détention qu’on ne souhaite pas à des bêtes ? Pire, parfois leur innocence est prouvée, mais ils demeurent en prison. Il ne leur manque qu’une chose pour être libérés : l’argent.
Tu as travaillé toute ta vie comme professeur dans le privé, employé de maison, ouvrier, vendeur… Tu atteins l’âge où tu ne peux plus travailler. Le corps a tout donné, trop donné. Ce serait l’heure d’un repos mérité, mais tu n’as pas de revenus ni d’économies. Tu n’as plus qu’à rentrer chez toi, si tu as un chez toi, pour attendre la mort. Aucune forme de retraite, d’assurance sociale.
Voilà deux signes (il en est d’autres) que nous vivons dans une société du sauve qui peut. Aucun retour pour quelqu’un qui a passé sa vie à travailler. C’est le droit à la vieillesse qi est ainsi volé au travailleur. Et aucun respect pour la dignité de la personne humaine. L’arbitraire des arrestations, des conditions de détention, du maintien en détention. Le sort des femmes et des mineurs en particulier, celles qui attendent des procès qui ne viennent jamais, ceux qui passent leur adolescence et font leur entrée dans l’âge adulte dans des centres qui finissent par faire d’eux des monstres.
Ce ne sont pas là deux petits problèmes, mais bien deux signes majeurs du caractère inhumain du système social haïtien. Ce sont, hélas, non des crises mais des réalités inscrites dans une permanence. La première, l’absence d’assurance sociale, depuis toujours. La seconde, la détention arbitraire et dans des conditions inhumaines, est l’une des horreurs installées en normes dans l’après Duvalier. Une norme, vu qu’il s’agit de quelque chose qui se perpétue dans un honteux « c’est comme ça ».
Deux exemples, mais il en est tant qu’on aurait pu choisir. Tous les jours, les preuves sont faites que l’État laisse la société s’organiser et fonctionner en étalant son inhumanité. On pourrait parler des populations victimes des gangs abandonnées à leur sort. Les avocats du diable nous répondraient que contre les gangs L’État n’a pas les moyens. L’argument serait faux. Mais il tiendrait encore moins lorsqu’il s’agirait de construire un système d’assurance social fonctionnel, ou de cesser d’empiler des gens, parmi eux de nombreux innocents, dans des prisons dont ils ne sortiront, contre tous les prescrits juridiques et démocratiques, qu’en négociant leur sortie à coup d’argent. Arrestation, détention arbitraire, éventuelle libération à condition que… C’est une forme de racket.
Il ne faut pas espérer de réponse à ces questions de l’héritage PHTK, mais on ne manquera pas de les poser aux candidats déclarés aux élections de plus en plus improbables.
Et comment ne pas penser, comme autre preuve du règne de l’inhumanité, à ce qui se passe à Marchand et à Saint-Marc. Déjà ce que font les bandits. Mais les manœuvres d’infiltration et la répression contre les élans revendicatifs d’une population qui se fit massacrer ou chasser de chez elle. Ici le sort des pauvres : subis, et ferme-la.
Par : Lyonel Trouillot
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